45 minutes après.
Je reprends mes clés, et j’ouvre silencieusement la
porte pour que le vieux comédien ne me m’entende pas sortir s’il était dans les
parages. J’entends soudain une sorte de pleurs étouffés, mais très loin…Je me
retourne vers ma droite et je le vois , lui. Il est recroquevillé sur
lui-même, en position fœtale.
Il pleure.
Il pleure tout les chagrins qui hantent son passé, son
présent et son futur.
Il me fait terriblement pitié…Je m’assois au seuil de
la porte, et je me frotte les tempes pour éliminer le stress qui s’insinue en
moi de plus en plus que je parle à Pseudo-Drago.
Je me lève, décidée à savoir ce qui le tracasse pour
trois raisons aussi simples les unes que les autres :
Primo : Je veux qu’il me fiche littéralement la
paix quand je finirai de l’aider. En tant que détective, j’ai plus important à
faire que d’aider un mec à arrêter de pleurnicher. Et si je veux arriver à ce
but, je suis contrainte de l’aider.
Secundo : Je ne supporte pas de voir quelqu’un
souffrir. Détective ou pas , je reste une humaine !
Tercio : -Et celle-ci est la raison qui me pousse
le plus à agir- Il y a quelque chose qui me tracasse concernant ce garçon. Je
sens qu’il cache derrière ses airs hautains et ses histoires de sang à la noix
de très grands secrets. Mon instinct me le dit, et l’instinct d’un détective ne
se trompe jamais.
Je me sors assez péniblement de mes pensées et je me
redresse, puis je me dirige vers Pseudo-Drago.
Ce dernier ne m’entend pas venir, et continuer de
pleurer toutes les larmes de son corps. Mais à mesure que je m’approche de lui,
j’entends plus distinctement des paroles entre chaque deux sanglots.
« -Je n’aurais pas dû…Je n’aurais pas
dû…Je…ne…suis…vraiment qu’un…con…égoïste…Je suis tellement désolé
maman…Tellement désolé…Il a eu ce qu’il…méritait…Mais… »
Mais QUOI, bordel ! J’étais sur le point de
découvrir quelque chose d’important, j’en étais sûre ! Et voilà maintenant
que ses sanglots reprennent de plus belle, son corps désormais secoué de
violents spasmes…
-Viens…Drago, viens. Je lui dis en le prenant par le
bras gauche.
Mais est-il vraiment Drago ? De quoi
parlait-il ? Mais qu’a-t-il pu vivre de si cruel dans sa vie ?
Toutes ces questions qui s’entrechoquaient dans ma tête
pouvaient bien attendre. Je devais quand même lui rendre un petit service. Je
passe son bras gauche autour de mes épaules, et le traîne vers la maison.
-Ecoute-moi Drago, je ne sais pas ce que tu as pu
endurer de si terrible pour te mettre dans cet état, mais tout ce dont je suis
sûre c’est que tu as besoin de repos…De beaucoup de repos. Va prendre une
douche avant toute chose, relaxe-toi bien. Tu peux aussi te raser, il me reste
quelques rasoirs depuis la dernière fois où mon père est venu chez moi. Dans la
chambre d’ami, tout au fond du couloir, la dernière porte à droite, tu
trouveras des habits de mon grand frère, je pense qu’ils t’iraient bien, vous
avez exactement la même taille. Après, si tu veux, on ira t’acheter des
vêtements propres, et je t’emmènerai chez le coiffeur, pour qu’il t’arrange
cette…tignasse emmêlée.
Bizarrement, il m’a laissé continua jusqu’au bout, sans
la moindre protestation. Et c’est ce qui
me faisait le plus redouter ce qui allait en suivre.
-Ah non, Moldue.
Eh merde, je savais bien qu’il allait riposter…
-Jamais, je ne m’abaisserai à tel point de demander des
services à une…Moldue ! Et encore moins de l’argent ! Alors non,
c’est non.
Wow. Ses attitudes me persuadent de plus en plus que
c’est le vrai Drago Malefoy. Sa manie du sang pur, son refus total pour toute
aide, ses rires sarcastiques et son amour pour abaisser les autres.
-T’es désespérant. Dis-je en levant les yeux au ciel.
Eh bah…J’te laisse crever alors !
Et je tourne les talons pour me diriger vers le
salon .
Je sais très bien qu’il n’osera pas partir. Ce crétin
tient beaucoup trop à la vie.
Il hésite un peu, puis me regarde avec un visage
impassible. Impossible d’y déchiffrer le moindre sentiment. Il chuchote tout bas :
-Bon. D’accord. J’accepte. Mais que personne ne le
sache jamais !
J’acquiesce en mimant d’un geste « Bouche
cousue ».
Ses traits se détendent tout d’un coup, et il ajoute
précipitamment :
-Merci pour tout, Emily.
Vraiment trop précipitamment ; il ne voulait pas
que je l’entende. Un malefoy ne doit jamais s’abaisser au niveau des Moldus .
Et les bonnes manières, alors ?
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