Je monte vers ma chambre et m’affale sur le lit. Visiblement, je ne pourrai pas sortir aujourd’hui, je ne dois pas le laisser seul à la maison. Pas parce que ça ne se fait pas de laisser un invité seul dans la maison –Je me fiche carrément de sa minable existence-, mais simplement parce que je n’ai pas encore confiance en lui, et que je ne suis pas encore sûre qu’il soit le vrai Drago Malefoy.
Je me redresse et m’assieds devant la coiffeuse, puis
je me démaquille, j’attache mes cheveux en queue de cheval, enfile mon pyjama
–en prenant bien le soin de fermer la porte- et je cours m’enfermer dans la
bibliothèque de la maison.
Mon comportement me fait penser à Hermione, quoique je
sache parfaitement que ce ne sont que les livres qui peuvent m’apaiser dans un
moment de colère.
Je me laisse tomber sur le canapé le plus éloigné de la
porte, après avoir sélectionné quelques livres à lire.
Je pose ma pile de romans à côté de moi, et commence
par mon roman préféré, The Shining, dont je lis plusieurs passages, notamment
les quelques chapitres de la situation initiale, puis je prends « Harry
Potter et le Prince de Sang-Mêlé », le tome qui me tient à cœur plus que
les autres –Lui et le dernier tome-, et je le lis depuis le tout début.
Je ne sais plus quelle heure on est, mais je n’ai pas
vu le temps passer depuis que je lis le bouquin. Je jette un coup d’œil vers la
fenêtre et je constate avec effroi que je viens de rater le coucher du soleil
de quelques minutes.
Bon sang, je n’ai même pas déjeuné et voilà que la nuit
est tombée. Sacrée Emily, tu ne manques pas de culot !
Néanmoins, j’ai fini le livre. Je lis vite, mais je
gobe bien chaque mot qui passe sous mes yeux.
Au moment où je tourne mon visage vers ma pile de
livres, j’aperçois un œil gris me regarder dans l’embrasure de la porte. Je
jette un regard noir vers Malefoy, je sais que c’est lui.
Depuis combien de temps m’épie-t-il ?
Il va sacrément le regretter.
Je rejoins la porte à grandes enjambées, et j’ouvre la
porte à la volée, en lui décrochant un regard tout sauf amical.
-Je peux savoir ce que tu fais ici, Malefoy ?
-Euh…rien, Samuels. Je passais juste par ici, j’ai
remarqué que la lumière de la bibliothèque était allumée et j’ai jeté un rapide
coup d’œil.
-C’est ça. Cause toujours. Si tu appelles ça un rapide
coup d’œil ! Je mettrais ma main au feu que tu étais en train de
m’espionner depuis bien longtemps. Maintenant, laisse-moi tranquille, Malefoy.
J’ai plus important à faire que d’échanger avec toi des propos aussi inutiles
les uns que les autres. Tu peux allumer la télé si tu le souhaites.
-Allumer la quoi ? Et tu comptes me laisser sans
nourriture pendant combien de temps ? Ce n’est pas pour m’abaisser jusqu’à
ton niveau de moldue, mais si tu manques de nourriture, autant l’avouer sur le
champ. J’aurai bien aimé te filer de l’argent, mais tu ne pourrais rien acheter
avec des Gallions. Navré. Tu devras régler ton problème et ce le plus
rapidement possible.
Je ravale la réplique cinglante que j’étais sur le
point de lui envoyer à la figure, et je trouve plus sage de contourne le
problème en ne répondant qu’à sa première question :
-J’aurais dû me douter que tu ne saurais pas utiliser
des outils Moldus. Tu es un vrai cas social.
Il me dévisage.
-Bah quoi ? Vaiment. Tu es un cas social, mais on
comprend clairement pourquoi : tu es un sorcier.
-Ouais, ouais, super discours. Alors tu me prépares à
manger ou pas ?
-Pfff…Bon, ok, je descends dans deux minutes.
Il referme la porte et j’entends ses pas se diriger
vers le salon. Je retourne vers mon fauteuil, replace les livres dans leurs
étagères et descends à la cuisine, où je remarque une forte odeur de gaz.
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